Chapître III: Expériences et conséquences
L’initiation
<auteur: Philippe de Montigny –www.demontigny.worpress.com>
Isidore me conduisit dans une sorte de cours intérieures où quelques individus bizarrement accoutrés étaient assis en cercle. Au milieu de ce même cercle rugissait un immense feu de pailles et de bois que tous les participants fixaient avidemment ne remarquant pas notre arrivée. Je me raclai la gorge pour signifier ma présence, mais nul ne broncha, comme tous envoûtés par une énergie quelqconque.
Isidore me prit le coude et me fit asseoir à la droite d’Ismael, à ma droite se trouvait Ignwala. La jeune femme alla se positionner à la droite de sa grand-mère et me lança un dernier regard que je jugeai tristement amer. Savait-elle ce qui m’attendait? Avait-elle scruté son propre passé pour y découvrir d’horribles choses? « Tu ne crois pas en ces inepties » me rappelais-je aussitôt.
«Isidore a peut-être simplement peur que tu fasses une surdose de produits hallucinogènes ou encore que tu t’étouffes avec cette épaisse fumée dégagée par ce gigantesque feu…» me rassurai-je vainement.
Personne n’avait encore bougé ne serait-ce que d’un pouce. Je m’attardai donc à examiner les participants. Je reconnu en premier le grand homme qui se nommait Jakomal. Sa vision n’était destinée qu’aux flammes et ses immenses yeux noirs ne semblaient jamais cligner. Sur ses pommettes étaient dessinés les mêmes symboles que sur le visage d’Isidore. Il avait les cheveux courts en brosse et ceux-ci siégeaient fièrement sur son énorme crâne. Il portait une chemise bleue claire qui n’était pas sans rappeler le délicat turban que sa femme arborait sur la tête. Celle-ci m’avait marqué tellement elle semblait menue et fragile. « Difficile de croire que cette femme ait pu porter trois enfants!!» remarquai-je intérieurement. Quoi qu’il en soit, sa peau était de couleur nettement plus claire que celle de son mari. Elle avait de petits yeux bridés verts émeraudes qui fixaient également la hauteur des flammes. Tous semblaient en transe, hypnotisés par le gigantesque brasier et cette étrange musique arythmique qui provenait je ne sais trop d’où…
Je sentais qu’Ismael s’apprêtait à prendre le contrôle de la cérémonie, ses mouvements devenant de plus en plus saccadés et serrés. Soudain, la musique se tue d’un seul trait et la foule cessa de bouger; figer là à attendre les premières paroles du maître de cérémonie…
Rite de passage
<auteur: Catherine de Montigny>
À ma plus grande stupéfaction, ce ne furent pas des paroles qu’Ismael prononça… Il poussa plutôt un rugissement se rapprochant habilemenet de celui d’une bête sauvage que l’on aurait blessée. Son visage se tordit de douleur et son corps dansait en de frénétiques convulsions! Je fus aussi surpris que paniqué! Je ne savais que faire! J’eus une profonde envie de lui porter assistance mais aussitôt, il redevint immobile, s’arrêtant aussi subitement qu’il avait poussé son cri bestial…
Je scrutai les visages autour de moi en quête de réconfort. Étonnamment, les participants demeuraient impassibles, intraitables! Ils avaient tous les yeux clos et effectuaient compulsivement d’étranges mouvements corporels de l’avant à l’arrière, le tout exécuté dans un silence des plus absolu.
“On dirait une crise d’épilepsie généralisée” me confortai-je . Cette petite plaisanterie intérieure eut un effet apaisant sur moi. Je redirigeai ainsi mon attention sur Ismael. Ses yeux étaient également fermés mais il demeurait parfaitement immobile, contrairement aux autres qui poursuivaient leur interminable transe…
Le maître de cérémonie ouvrit brusquement les yeux et les plongea directement dans les miens. Je sursautai d’inconfort, mais soutint son regard noir. On aurait dit que le corps d’Ismael s’était vidé de toute son essence, comme une habitation en proie aux flammes se vide de ses occupants.
Son regard était hagard et n’exprimait rien que je ne pu comprendre immédiatement. Les gens regroupés autour du feu commencèrent à réciter une sorte d’incantation mystique. Une fois de plus, je notai qu’ils employaient cette étrange langue qui m’était toujours inconnue. Leur corps se balançait de tous les côtés suivant un rythme irrégulier. Ils chantaient à l’unisson et répétaient inlassablement les mêmes cantiques…
Après un court instant, Ismael souleva un petit bol de terre cuite posé devant lui. Tous cessèrent immédiatement de s’agiter. Un frisson me parcours l’échine face à ce silence imprévu. Sans jamais m’avoir quitté des yeux, Ismael récita un nouveau ver et passa le bol à la personne se trouvant à sa gauche. Une fois le bol en main, Jacosta planta son regard émeraude dans le mien, cracha dans la mixture et prononça quelques paroles à peine perceptibles. Le bol passa ensuite aux mains de Jakomal qui s’exécuta de la même façon. Le manège se poursuivit jusqu’à ce que le bol ait fait un tour complet et se retrouve entre mes mains. Tous les regards étaient désormais rivés sur moi alors qu’aucun son ne résonnait dans la nuit, outre celui du crépitement des flammes.
Je jetai un rapide coup d’œil dans le contenant pour constater qu’un liquide épais et bleuté s’y trouvait. J’étais dégoûté par sa déroutante substance! Devais-je prononcer une formule quelconque? Devais-je vraiment absorber cet horrible mélange?
Une chose était certaine, ils s’attendaient tous à ce que j’ingurgite le liquide. À cet instant, la cérémonie ne me paraissait plus du tout farfelu. J’avais des appréhensions bien réelles et c’est d’une main hésitante que je portai le bol à mes lèvres. Je serrai la gorge, fermai les yeux et avalai d’une seule traite tout son contenu! C’est avec un certain recul que j’osai enfin rouvrir les yeux…
Rien!! J’étais toujours assis là, parmi ces gens affables d’une réaction quelconque. Je fus aussitôt envahi d’un mélange de soulagement et de déception. Personne n’avait encore détaché son regard de ma personne et je m’apprêtais à leur dire que tout ce petit manège ne mènerait nul part. Au même moment, je fus assailli d’une étrange sensation. On aurait dit que j’étais aspiré par l’immense brasier qui crachait toujours ses longues flammes. Mon corps ne m’obéissais plus!
Lentement, je me détachai et quittai ma demeure charnelle. Tel un aimant, j’étais magnétisé par les flammes. Étais-je en train de revivre ou de mourir? Je perçus la peur telle que je ne l’avais jamais ressentis auparavant. Je ne pouvais pas mourir ainsi; pas tout de suite! Il y avait encore tant de choses que je n’avais pas eu le temps d’accomplir! Je revis Amélie… Je ne pouvais pas quitter pour l’autre monde sans lui avoir fait mes derniers adieux. Elle devait savoir que je n’avais jamais cessé de l’aimer et ce, malgré mon orgueil et mon entêtement à ne pas lui pardonner son départ…
Je vis mon corps de l’extérieur, lui faisait véritablement face pour la première fois. Je remarquai chez moi le même regard absent que j’avais observé chez Ismael un peu plus tôt dans la cérémonie: un regard inhabité, froid, vidé de son âme. C’était mon corps que je contemplais!! Doucement, je me retournai pour rejoindre la profondeur des flammes, hyptnotisé, envoûté. Une lumière chaude, intense et réconfortante m’aveugla, puis je ne vis plus rien.
Le néant ne dura qu’une fraction de seconde…
Sans la voir directement, je percevai une sombre pièce qui se dessinait tout autour de moi. Au centre de cette vision, je pouvais péniblement discerner un vieux lit de paille semblable à celui que l’on m’avait offert plus tôt dans ma mésaventure. Sur cette installation de fortune se trouvait une très jeune femme, visiblement enceinte. Autours d’elle s’affairaient deux demoiselles nettement plus âgées qu’elle. L’atmosphère qui règnait dans cette pièce était dure, pénible, voire chaotique…
” Tout va bien madame! Je vois déjà la tête de l’enfant!!! Vos souffrances s’achèvent. Un tout dernier effort madame… Vous y êtes presque!!! “
” Seigneur! Elle est en train d’accoucher!!! ” réalisai-je aussitôt.
Je savais qu’elles ne me voyaient pas. C’était comme regarder un film; spectateur innoncent du désespoir. Aucune odeur, aucune sensation corporelles n’étaient percepitbles! Je ne pouvais que voir et entendre la scène. Tous les angles de vue m’étaient accessibles. Je pouvais me déplacer pas la simple pensée!
Dans un violent déchirement de chair, je vis le bébé apparaître tout entier, tout chiffonné, couvert de sang et de muqueuses. Dès lors, je su…
Avant même que l’enfant ne pousse son premier cri et ne respire pour la toute première fois, je su ce qui en était. Je le sentais, je le vivais.
Une des sage-femme enveloppa le nouveau-né dans un linge et le déposa dans les bras de sa mère. Celle-ci pleurait et riait tout à la fois, en totale adoration de la petite créature qui venait de lui être confié. Et comme pour confirmer ce que je savais déjà, elle souffla à l’enfant :
” Bonjour, mon bel enfant! Bonjour William ! “
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EN PASSANT, TOUT LE MONDE A DROIT D’Y PARTICIPER!!!!
J’comprends pas que sur presque 300 visites, il n’y aie eu que 3 participants, incluant moi!! C’est incroyable!!! En tk… Décevant!
a quand l autre chapitre
sera pas long… c’est le tien qui arrive… faut juste que je recheck une couple d’affaire! Et j’t'avouerai ne pas avoir encore eu le temps de le faire!!! Cette semaine ca devrait rentrer!
Wow!
c’est vraiment très bon, très interessant, j’aimerais bien y participer, mais malheureusement, je n’ai pas autant d’imagination que vous
J’ai très hâte de lire la suite!!!!!!!!!!!!